
« Bonjour Lucette, comment ça va aujourd’hui ?
« Bonjour madame Touchard !
« Hein ? Qui c’est cette dame Touchard ?
« C’est vous Ginette !
« C’est moi ? … Ah oui c’est vrai ! Mais pourquoi qu’vous m’appelez Touchard ?
« Pasque c’est vot’nom pardi !
« Mais d’habitude vous m’app’lez Ginette, quèsqu’y vous arrive ?
« Y m’arrive, y m’arrive que … eueueuh, … que Touchard, c’est vot’nom !
« Mon nom, mon nom, c’est surtout celui d’Alfred !
« Alfred ? C’est qui çui là ?
« Oui Lucette, ce saligaud d’Alfred qui s’en est allé le lendemain de nos noces ! Vous vous rapp’lez pas ?
« Aaah si. C’était Alfred son nom ?
« Ben aouais, j’crois bien. … A moins que ça soye Armand ? … J’sais plus. En tout cas, ça esplique pas pourquoi qu’vous m’donnez du Touchard ç’matin.
« Et ben pasque. … Madame Touchard !
« Pasque, pasque, c’est pas une réponse ça ! Espliquez vous Lucette.
« Et ben hier, … ou avant-hier, j’sais plus, vous avez dépassé les ‘cornes’, et c’est l’étincelle qu’a fait déborder l’vase !
« Hein ? Le vase a débordé ?
«Ben oui Ginette, et même, pas qu’un peu !
« Mais quèsqu’y s’est passé ?
« Vous m’avez traitée de vêtu de paille, moi qui m’habille avec recherche ; vous avez sous entendu que je ressemblais à un ballon de rouge pour les petits enfants et que j’aurais pu être emporté par une bourrique et …
« Une bourrasque Lucette, une bourrasque.
« Une bourrasque, une bourrique, c’est du pareil au même. Et pis j’en ai marre de la brindille !!
« Mais c’est vous la brindille !
« J’en ai marre d’être comparée à un p’tit bout d’bois ! Sachez madame Touchard, que dans la vie, on a souvent besoin d’un plus p’ti bout de soie !
« Dites Lucette, vous pousseriez pas le bouton un peu loin ? Je vous rappelle, entre nous, que vous m’avez traitée de vache !
« Justement, c’était pour vous rendre service.
« Comment ça ?
« Pasque, madame Ginette, quand une vache a du lait cru, il faut la tirer ! En tout cas, c’est ce que dit le proverbe.
« Bon Lucette, c’est possible, mais je vous rappelle qu’ensuite de cette ‘alternation’, vous êtes venue boire un coup d’Porto à la maison, et que vous avez pas craché dessus. Au point que je reviens justement de faire le plein.
« Quèsque vous m’chantez là Ginette ?
« Je chante que madame Gaucher, c’est la goutte de Porto qu’a éteint le feu aux poudres. Voila !
« Tiens c’est drôle ça ?
« Quèsqu’y a d’drôle là d’dans ?
« Ben le porto, c’est d’l’alcool ?
« Ouais ! Et alors ?
« Et ben alors, la goutte de Porto, elle aurait du attiser le feu au contraire !
« J’en sais foutre rien Lucette, en tout cas, vous, au bout de 2 verres, vous aviez oublié les brindilles, les phasmes et tout le reste, y compris touti le chianti !
« Hein ? On a bu du Chianti par-dessus le marché ?
« Du quoi ?
« Du Chianti Ginette, c’est du vin italien. On en a bu aussi ?
« Meueueuh non Lucette ! Ousque vous avez été chercher ç’idée aussi sotte que grenue ?
« Ben c’est vous qui venez de l’dire !
« Moi ? j’ai dit quoi ?
« Vous avez dit texto : « Lucette, vous avez oublié touti le Chianti ». J’ai pas rêvé quand même ?
« Mais bougre de … eueueuh, … bougre, c’est pas du vin, c’est une espression qui veut dire, … eueueuh, … qui veut dire, … ce que ça veut dire un point c’est tout ! … En tout cas, je m’aperçois que vous avez une mémoire ‘sélectible’ !
« Ah ?
« Ouais, par exemple, vous vous rapp’lez que je vous traitais de brindille, ce qui entre parenthèse, n’a pas été l’cas aujourd’hui, pisque je vous ai dit : « Bonjour Lucette ! » … et qu’ensuite vous avez total’ment oublié que vous aviez bu tout mon Porto !!
« Moi j’ai tout bu ? Vous exagérez pas un peu Ginette ?
« Oh à peine Lucette. Vous étiez même dans un état … !
« Ooooooh vous m’la bayez belle Ginette !
« Non non Lucette, c’est plutôt vous qui bailliez. … Si vous voyez ç’que j’veux dire ?
« J’ai sans doute voulu expérimenter l’adage ….
« Vous avez surtout ‘espérimenter’ le Porto hors d’âge Lucette ! Ho ho ho !
« Peut-être aussi Ginette, mais j’ai sans doute voulu être sûre qu’un «tien» vaut mieux que deux «tu l’auras».
« C’est quoi ça du tulle Hora, une marque de rideaux ?
« Nooooon Ginette, c’est une expression qui dit, qu’y vaut mieux tenir que courir. Voilà.
« Ouais, et ben en tout cas, vous Lucette, vous avez pas fait que courir, vous avez aussi vérifié le dit-on de mon grand-père paternel.
« Un dit-on ? Lequel ?
« T’en pètes le lundi, t’en chies le mardi !!! Ho ho ho ho !
PS de Tsitsi : Ah vous savez … superviser tout ça, … c’est pas de tout repos !!!!! Vous en verrez vous, des labradors qui transcrivent le « Gilu ».














